Les 4 piliers de la prévention des chutes
1️⃣ La marche
2️⃣ L’enjambement
3️⃣ Le franchissement
4️⃣ L’équilibre
Ces quatre éléments peuvent être travaillés de manière progressive grâce à différents équipements adaptés.
La prévention des chutes chez la personne âgée
La prévention des chutes constitue un enjeu majeur de santé publique chez les personnes âgées. En établissement médico-social comme en EHPAD, la mise en place d’activités physiques adaptées permet de maintenir les capacités motrices, de renforcer la confiance en soi et de préserver l’autonomie.
L’utilisation d’un parcours psychomoteur extérieur offre une approche concrète et évolutive pour travailler les différents aspects de la mobilité en toute sécurité.
Encadrée par une équipe pluridisciplinaire (ergothérapeute, psychomotricien, kinésithérapeute ou éducateur APA), cette activité permet notamment de :
- stimuler les fonctions locomotrices ;
- améliorer l’équilibre et la coordination ;
- renforcer la confiance en soi ;
- favoriser le maintien de l’autonomie dans les déplacements.
L’intérêt de la psychomotricité dans la prévention des chutes
La marche est une activité complexe qui mobilise simultanément les membres inférieurs et supérieurs afin de permettre le déplacement du corps tout en maintenant l’équilibre.

D’un point de vue physiologique, marcher contribue au bon fonctionnement de l’organisme : circulation sanguine, digestion, tonus musculaire et bien-être général.
Mais la marche est également essentielle pour préserver l’autonomie. Elle permet de se déplacer librement et de conserver une position verticale qui procure un sentiment de contrôle sur son environnement.
Avec l’avancée en âge, plusieurs facteurs peuvent cependant augmenter le risque de chute :
- diminution de la force musculaire (sarcopénie)
- troubles de l’équilibre
- altération des capacités sensorielles
- facteurs environnementaux (obstacles, sols irréguliers)
La fréquence des chutes augmente avec l’âge et leurs conséquences peuvent être graves : fractures, perte d’autonomie, entrée dans la dépendance. Après une chute, le risque de mortalité peut être multiplié par quatre.
La prévention des chutes vise donc à maintenir les capacités motrices et sensorielles nécessaires à un déplacement sécurisé.
Comment un parcours psychomoteur contribue à prévenir les chutes ?
Un parcours psychomoteur permet de reproduire les situations rencontrées dans la vie quotidienne tout en sollicitant les différentes perceptions sensorielles impliquées dans le contrôle de l’équilibre.
La prise en charge tient également compte :
- des freins psychologiques
- du syndrome post-chute
- de la perte de confiance dans les déplacements.
Le contrôle postural repose principalement sur quatre systèmes sensoriels :
- la vision
- la proprioception
- la sensibilité plantaire
- le système vestibulaire
Les équipements d’un parcours psychomoteur sollicitent ces différents systèmes afin d’améliorer l’adaptation posturale lors des déplacements.
La marche et le rôle de la vision
La vision intervient dans le maintien de la posture mais également dans la planification des déplacements et l’orientation dans l’espace.
Avec le vieillissement, plusieurs modifications apparaissent :
- diminution de la perception de profondeur
- sensibilité réduite aux contrastes et aux couleurs
- réduction du champ visuel
- sensibilité accrue à l’éblouissement
- vision nocturne moins performante
Des exercices comme le slalom permettent de solliciter la coordination visuo-motrice, l’appréciation des distances et la gestion des trajectoires.
Cet exercice introduit également la notion de double tâche, essentielle pour sécuriser la marche dans les situations de la vie quotidienne.
La proprioception et la sensibilité plantaire
Les récepteurs situés dans les muscles, les tendons, les articulations et les ligaments renseignent le cerveau sur la position du corps dans l’espace.
Avec l’âge, ces récepteurs deviennent moins efficaces, ce qui peut altérer la perception du mouvement et de l’équilibre.
Les exercices de marche sur différents types de sols (sable, graviers, galets ou écorces) stimulent les capteurs tactiles plantaires.
Ces stimulations permettent d’améliorer :
- l’adaptation posturale
- la perception des irrégularités du sol
- la stabilité lors de la marche.
L’enjambement et le système vestibulaire
Avec le vieillissement, plusieurs modifications de la marche apparaissent :
- diminution de la longueur du pas
- élévation du pied plus faible
- mobilité articulaire réduite, notamment au niveau de la cheville
- vitesse de marche ralentie.
La marche devient moins automatique et demande davantage d’attention. Elle est devenue précautionneuse.
“L’enjambement permet d’apprendre à franchir un obstacle en sécurité, une capacité essentielle pour éviter les chutes au quotidien.”

Les exercices d’enjambement permettent de travailler :
- L’enjambement permet de travailler :
- l’élévation du pied
- la coordination
- l’équilibre dynamique
- la gestion des obstacles.
Des équipements comme « le saut de haies » un exercice d’enjambement sur différentes hauteurs ou « le pas cadencé » enjambement sur différentes hauteurs ou encore le « saut de puce » enjambement sur la même longueur et hauteur permettent d’entraîner les capacités d’enjamber en toute sécurité.
L’équipement Les nénuphars permet de suivre un programme d’enjambement sur différentes longueurs et hauteurs.
Le franchissement et le contrôle postural
Le contrôle postural correspond à l’ensemble des mécanismes qui permettent de maintenir la verticalité du corps dans l’espace face à la gravité.
“Le franchissement permet de reproduire les situations du quotidien comme monter une pente, franchir un sol en dévers ou emprunter un escalier.”

Dans la vie quotidienne, de nombreuses situations nécessitent ce contrôle :
- monter un escalier
- franchir un obstacle
- marcher sur un sol incliné
- se déplacer sur un terrain irrégulier.
Les équipements de franchissement permettent de reproduire ces situations grâce à :
- des plans inclinés
- des dômes de franchissement
- des passages en dévers
- des escaliers adaptés.
Travailler l’équilibre pour réduire la peur de chuter
Après une chute, la première conséquence est souvent la peur de rechuter. Cette appréhension peut entraîner une réduction des déplacements et une perte de confiance dans ses capacités motrices.
“Le travail de l’équilibre peut être progressif, sécurisé et adapté à tous les niveaux, de la simple marche assistée à des exercices plus dynamiques.”

Cette situation d’appréhension peut conduire à une régression psychomotrice qui altère progressivement :
- la posture
- l’équilibre statique
- l’équilibre dynamique.
Les exercices d’équilibre permettent de restaurer progressivement ces capacités.
Équilibre statique
- maintien debout sur plan incliné
- position stable sur un passage en dévers
- travail assis sur tabouret d’équilibre.
Équilibre dynamique
- marche sur poutre d’équilibre
- déplacement dans un slalom
- exercices de transfert du poids du corps.
Certains équipements, comme les plateaux d’équilibre et de proprioception, permettent également de proposer un programme individualisé de prévention des chutes.
Ci-dessous : Programme d’équilibre progressif sur plateau de proprioception avec accompagnement en EHPAD.

Conclusion : un parcours complet pour prévenir les chutes
Un parcours psychomoteur structuré autour de la marche, de l’enjambement, du franchissement et de l’équilibre permet de stimuler les différents systèmes impliqués dans le contrôle postural.
Ces exercices contribuent à :
- améliorer l’intégration vestibulaire
- limiter la régression psychomotrice
- renforcer la confiance dans les déplacements.
Intégré dans un programme global d’activité physique adaptée, ce type de parcours constitue un outil particulièrement pertinent pour prévenir les chutes et préserver l’autonomie des personnes âgées. Ce type de parcours est particulièrement adapté aux EHPAD, centres de rééducation et structures médico-sociales souhaitant mettre en place un programme de prévention des chutes (Exemple d’aménagement)
Ce travail peut également être complété par :
- des exercices de relevé au sol
- des exercices de renforcement musculaire des membres supérieurs et inférieurs
- des activités cognitives
- des activités ludiques favorisant l’engagement des participants
- des activités sensorielles
